Lire sur iPad avant de se coucher peut provoquer des problèmes de sommeil, souligne une étude récente réalisée par la Harvard Medical School, et publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences. Douze cobayes ont accepté, durant deux semaines, de se plier aux exigences de l'enquête : cinq soirs consécutifs, lire sur une tablette puis la semaine suivante, sur un livre en bon vieux papier, durant quatre heures. Tout le monde devait être couché à 22h, avec un réveil programmé à 6h le lendemain matin.

Des tests sanguins ont montré que ceux qui lisaient sur une tablette avaient besoin de dix minutes supplémentaires pour s'endormir, et souffraient d'un taux de mélatonine en forte baisse (plus de 50%). Cela est dû au rétro-éclairage et à la lumière bleue émanant d'une ardoise : celle-ci bloque la production de l'« hormone du sommeil » en frappant plus intensément la rétine. Rien de tout cela avec un livre ou une liseuse, même éclairés par une lampe de chevet.
Sur le long terme, la baisse de la mélatonine affecte le rythme circadien du corps et augmente le risque de certains cancers. Pas la peine d'aller aussi loin dans les risques potentiels, mais les conclusions de l'étude sont claires : les tablettes ont un impact sur les cycles du sommeil et partant, sur sa qualité et notre capacité de repos.
Néanmoins, les résultats de cette étude sont à relativiser : dans un environnement familier, si l'on ne se sent pas fatigué, « il y a des chances pour que l'on ne s'arrête pas [de lire] pour aller au lit à l'heure normale », nuance Anne-Marie Chang, chercheuse en neuro-sciences, qui a participé à cette enquête. « Il y a tellement de choses que nous ignorons sur l'impact de ces appareils sur notre santé et notre sommeil », poursuit-elle.
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