Malgré l'instauration depuis iOS 14 d'une option de refus du suivi des utilisateurs par leurs apps, certains éditeurs dont Facebook ou Snapchat peuvent continuer d'exploiter certaines de ces informations, avec semble-t-il l'accord tacite d'Apple.
Depuis le printemps dernier, iOS 14 puis iOS 15 permettent aux utilisateurs de refuser qu'une app recueille des données personnelles ou des caractéristiques de leur l'appareil en vue de les partager avec des tiers et établir ainsi un profil de leur activité. Profil qui servira à tailler des publicités sur mesure.
iOS 14 : la prochaine bêta va serrer la vis sur le suivi des utilisateurs
Après avoir rué dans les brancards à la perspective de voir leur système publicitaire sérieusement mis à mal par cette mesure, de grands éditeurs comme Facebook ou Snapchat ont pu continuer à se reposer en partie sur ces collectes, quand bien même l'utilisateur les a refusées, explique le Financial Times.
Apple a communiqué sur cette possibilité de blocage pour les utilisateurs mais, dans les faits, elle semble faire preuve d'une certaine souplesse sur l'interprétation de ses règles. Parmi celles-ci, il en est une qui souligne qu'il est interdit d'utiliser les « signaux » d'un appareil pour tenter d'identifier ce dernier ou son utilisateur.
Ce qui veut dire, à l'inverse, qu'il est envisageable d'exploiter ces mêmes signaux dès lors qu'ils sont rassemblés dans un groupe d'utilisateurs, tous anonymisés, et de proposer à cette cohorte des publicités ciblées.
Snapchat a ainsi déclaré à des investisseurs qu'il avait l'intention de partager les données de ses 306 millions d'utilisateurs — y compris ceux ayant refusé le pistage de son app — avec ses annonceurs pour leur donner une vue plus précise et en temps réel des performances de leurs annonces. Facebook a lui-aussi indiqué qu'il s'était lancé dans un long effort de remise à plat de son infrastructure publicitaire en recourant davantage aux groupes de profils anonymisés.
La position d'Apple face à cette stratégie n'est pas claire — moins que ses publicités sur la question qui sont sans nuances — le groupe n'a pas répondu aux questions du Financial Times, se contentant de réitérer que la vie privée était un point cardinal de sa politique.
Il peut y avoir dans certaines occasions la nécessité de récupérer des informations comme l'adresse IP ou la position pour le bon fonctionnement de l'app en fonction de sa nature.
Mais s'engager dans une voie où cette interdiction de pistage serait appliquée d'une manière trop large et lourde présenterait le risque de mettre à mal certaines des apps les plus populaires de l'App Store. Une perspective qui, par ricochet, ne ferait pas les affaires d'Apple, estiment certains spécialistes interrogés par le quotidien.