Repoussé à de multiples reprises, le premier smartphone sous Tizen a fini par trouver la voie des étals il y a trois semaines. Vendu uniquement en Inde pour 5 700 roupies (environ 80 €), le Z1 est bien loin des premières intentions de Samsung qui voulait sortir son nouvel OS sur un terminal plutôt haut de gamme.

Le Z1 a un écran 4" 800 x 480, un processeur dual-core 1,2 GHz, 768 Mo de RAM, 4 Go de stockage (plus un lecteur de carte micro SD) et un appareil photo 3 mégapixels. Des caractéristiques techniques modestes qui en font un appareil simplement fonctionnel, mais le plus intéressant est bien sûr son système.
Ars Technica, qui a pu décortiquer ce système concurrent d'Android, dresse un bilan consternant. Des choix aussi surprenants que mauvais nuisent à l'ergonomie. Par exemple, l'écran d'accueil ne contient que huit icônes d'applications. Le reste de l'écran sert uniquement à afficher des widgets (pas plus de deux par écran). Quand on ouvre le lanceur d'apps, les huit icônes de l'écran d'accueil se déplacent en haut. On a donc seulement accès à trois rangées d'apps supplémentaires.

Autre exemple, l'utilisation d'un bouton physique pour afficher le menu des applications. Android faisait de même à ses débuts, mais a vite abandonné ce mode de fonctionnement qui n'était pas bon. Puisque le bouton est physique, l'interface logicielle ne mentionne pas la présence ou non d'un menu ; quand on cherche quelque chose qui pourrait se trouver dans le menu, il faut donc tapoter sur ce bouton à chaque écran de l'application pour finir par trouver le menu et l'option qui nous intéressent.
Autre grief, certainement le plus important, l'écosystème rachitique. Seulement un millier d'apps sont disponibles sur Tizen, quand l'App Store et Google Play en revendiquent plus d'un million. L'absence d'applications peut bien sûr s'expliquer par la (relative) jeunesse du système, mais le plus inquiétant est que même Samsung ne fait pas d'effort pour porter ses apps. Pas de S-Voice, ni de Milk, ni de S Note, etc.
Quant aux montres connectées de Samsung qui tournent sous Tizen, elles ne sont pas compatibles avec le Z1. Ce système maison devait pourtant servir à faire converger tous les produits du constructeur coréen (lire : Samsung affiche de grandes ambitions pour Tizen).
« C'est juste Android avec un design pauvre, pas d'orientation, pas de matériel et pas d'apps », conclut irrévocablement Ars Technica.