Le département recherche et développement de Microsoft est un des plus actifs du monde, mais parfois, leurs idées sont difficiles à suivre. La dernière en date concernant les tablettes est en effet peu commune : à l'heure du tout-tactile et de l'élimination pure et simple des boutons, le projet RearType propose de remplacer les boutons en façade par des boutons… derrière l'écran.
C'est notamment la saisie de texte qui est visée par ce dispositif : « notre but est un système qui procure le retour tactile et la familiarité d'un clavier sans pour autant occuper de l'espace sur la face avant de l'appareil ». Selon James Scott (qui a travaillé sur les appareils mobiles) et Shahram Izadi (qui a travaillé sur la table "tactile" Surface), le RearType « répondrait au problème d'obstruction inhérent à l'utilisation d'une entrée tactile classique [NdR : la main passe devant ce que l'on manipule] » et « ne prend pas d'espace à l'écran comme un clavier logiciel» tout en permettant aux habitués du clavier physique de capitaliser sur leurs acquis.
Un test effectué sur un (petit) échantillon de 12 virtuoses du clavier QWERTY a montré qu'après une heure d'entraînement, ils étaient capables d'écrire 15,1 mots à la minute en moyenne, une relative contre-performance puisqu'ils ne sont pas moins rapides avec un clavier logiciel tactile. Le projet a donc un intérêt conceptuel non négligeable (éviter de prendre de l'espace à l'écran, éviter de passer les mains au-dessus du contenu que l'on manipule), mais pas pratique. On sait qu'Apple travaille sur un système similaire de l'utilisation du dos des appareils comme d'une entrée, mais avec un système tactile plutôt que physique, et sous l'angle de la manipulation d'objets via des gestures plutôt que de l'entrée de texte (lire : La fin des traces de doigts ?).
